Montebourg et Filoche scellent leur alliance en s’attaquant à McDonald’s

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Figaro

Les deux hommes sont venus soutenir des salariés du géant américain, ce mardi, à Paris.

Café en gobelet de carton à la main, les militants CGT écoutent avec attention Arnaud Montebourg dans le McDonald’s de la gare du Nord. Celui qui se présente comme «le candidat de la feuille de paie» à la primaire du PS et de ses alliés, est venu soutenir les revendications des salariés du fast-food. Objectif: un salaire à 13 euros de l’heure. À côté de lui, Gérard Filoche est là, sa forte stature posée devant les caméras et les photographes venus nombreux observer le rapprochement entre les deux socialistes.

Gérard Filoche, un temps candidat à la primaire sans avoir pu réunir les parrainages, a annoncé lundi son choix de soutenir Arnaud Montebourg. Il l’a concrétisé sur le terrain dès le lendemain. «Vous savez, explique-t-il, je pouvais aussi bien choisir Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, je ne veux pas créer d’oppositions artificielles entre les deux. Mais Benoît Hamon a indiqué qu’il pouvait tendre la main à Emmanuel Macron. Et ça, pour moi, c’est non…» Arnaud Montebourg le laisse parler et précise: «Il y a autre chose et vous le savez, c’est que Benoît Hamon défend le revenu universel quand moi je défends un salaire juste dans la société du travail. C’est ce que je suis venu faire ici…» En sortant du McDo, Filoche fait du Filoche, il se fait donc un peu plaisir. «Moi, ce que je voudrais, c’est qu’au deuxième tour, on doive choisir entre Benoît et Arnaud».

La bataille avec Hamon fait rage

Quelques jours avant le premier tour de la primaire, les choses se tendent entre les deux candidats frondeurs, au coude-à-coude dans les sondages à l’issue des débats Sur les réseaux sociaux et dans les médias, la rivalité s’aiguise. Chez Benoît Hamon, le député Mathieu Hanotin nargue ses concurrents avec des images de meetings pleins quand Arnaud Montebourg privilégie des opérations de rue plus restreintes, ses fameux «stand-up». Il faut dire que François Kalfon, le directeur de campagne de l’ancien ministre du Redressement productif, a lancé les hostilités lundi en moquant la campagne de Benoît Hamon. «Ça s’appelle la gauche Carambar», a-t-il plaisanté sur Europe 1. «Vous ouvrez un Carambar, vous y voyez une idée, elle est originale sans doute, irréalisable certainement, et puis vous agitez cela.». Montebourg veut apparaître comme le candidat le plus «réaliste et équilibré», une main dans celle du radical Gérard Filoche, une autre dans celle des petits patrons. «Les grands, ironise-t-il, je les laisse faire des chèques à Emmanuel Macron».

Mercredi, les deux frondeurs seront en meeting à Paris, au même moment: Montebourg sera au gymnase Jean Jaurès et Hamon à l’Institut national du Judo. La bataille d’images risque de faire rage…