Oui, je suis candidat aux primaires citoyennes ouvertes à toute la gauche

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Chacun le sait : dés qu’il y a deux, trois, quatre candidatures de gauche à la présidentielle,  ce sera le désastre le soir du 23 avril 2017, et nous n’aurons plus qu’à pleurer toutes les  larmes de notre corps devant le sinistre choix entre le FN et LR et ses conséquences. Ce qui aura mécaniquement une traduction aux législatives qui en découlent : nous aurons une Assemblée nationale ressemblant aux conseils régionaux du Nord et de Paca. Le nombre de députés capables de résister  aux coups infâmes annoncés dans les programmes de tous les candidats de la droite sera réduit.

On sait aussi, puisque la gauche, avec Hollande et Valls est allé très à droite, la droite ira encore plus à droite : ce sont les salariés des deux sexes, jeunes, chômeurs, retraités, pauvres, nous toutes et tous, et surtout les plus vulnérables qui paieront le prix fort de cet emballement.

Voilà Juppé et NKM qui proposent de supprimer les délégués syndicaux permanents dans les entreprises de moins de 500 (99,5 % des entreprises !). Juppé, lui, propose de « remettre au travail les délégués syndicaux après deux mandats ». Ce sont les mêmes qui veulent un cumul des mandats pour les politiques !  Et Juppé, lui-même a enchainé les mandats  et n’a travaillé que 2 ans dans sa vie, au Canada quand il était repris de justice et privé de droits civiques ! Les voilà partis dans une surenchère mortifère contre le salariat, nos syndicats, nos droits,  nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale. En face de ça, on doit donc combattre par tous les moyens et jusqu’au bout pour éviter un désastre du 23 avril.

La conscience grandissante parmi des millions d’électeurs et militants, de la menace de ce désastre fait pression sur les directions de tous les partis et tous les courants des partis, des syndicats, des associations.

La direction du PS est aussi sous cette pression. Hollande a déclaré qu’il ne se présenterait pas « s’il ne sentait pas que c’était possible », et que « ce ne serait pas pour répondre aux besoins d’une organisation ». Dans la même page du Journal du Dimanche, ce même 2 octobre, Cambadélis explique que « si Hollande ne se présente pas, le PS explosera ». L’enjeu est clair, ils savent tous que pour Hollande c’est foutu, mais ils lui demandent d’y aller quand même pour sauver l’appareil (Ch. Borgel, dans ce cas-là, dit que s’il restait 130 députés socialistes, au lieu de 289, « ce ne serait pas la Bérézina ». Mais l’hypothèse qu’il reste 25 députés socialistes et zéro du reste de la gauche, a aussi été envisagée). Donc, la direction du PS navigue à vue, son idéal aurait été des « petites primaires » pour sécuriser Hollande, mais encore faut-il qu’elles ne soient pas non plus trop petites, pour ne pas trop insécuriser l’élection et l’avenir de la majorité de l’appareil.

C’est dans ce contexte, qu’au CN du PS du dimanche 2 octobre, finalement  il a été décidé des « primaires citoyennes » ouvertes à toute la gauche et aux écologistes organisées les 22 et 29 janvier.

Tel  est le compromis reproduit qui a débouché sur un vote à l’unanimité dans le CN du PS le dimanche 2 octobre.  Elles n’auront pas lieu en décembre, à regret, et faute de réponse à ce jour des partenaires de la gauche à l’appel lancé depuis le CN du 18 juin. Mais l’appel a été néanmoins renouvelé et peut encore donner lieu à une ouverture à gauche et aux écologistes, le dépôt des candidatures étant fixées au 15 décembre.

On a gagné sur un autre point décisif : ce ne sera plus des « primaires de la BAP », c’est écarté, mais ce seront des « primaires citoyennes » organisées officiellement par les sensibilités participantes, courants, candidats, partis, dans une commission ad hoc, « (CNOP ») qui repartira les paroles, les  débats, les campagnes et leur financement.

Il reste donc toujours possible de se battre pour que toute la gauche et les écologistes y participent  sachant que la désignation du candidat écologiste aura lieu fin octobre, et que le PCF prendra une position le 3 novembre.

Au CN de la motion B, dans le XV° arrondissement de Paris, le dimanche matin,  je suis intervenu pour que la motion B se batte pour amender le texte proposé (et déjà publié) de la motion A majoritaire. Cela s’est traduit par une interruption de séance au CN lui-même, vers 16 h, devant toute la presse, et la majorité Cambadélis a intégré les amendements que nous exigions.  Quatre d’entre eux ont été intégrés, dont le renouvellement de l’appel à l’élargissement à toute la gauche et aux écologistes, lequel est rendu possible par le nouveau nom de la primaire : « primaire citoyenne ».

La version finale du nouveau texte, comme ce fut le cas en juin, laissant donc encore les portes ouvertes à toutes celles et ceux à gauche qui veulent ou voudront les franchir,  nous avons donc (re) voté à l’unanimité. Evidemment, comme après le CN du 18 juin, JC Cambadélis va tenter de donner son interprétation à lui, à ces « primaires citoyennes », mais nous avons les moyens de donner aussi notre interprétation et notre sens à celles-ci. Ce ne sont plus des primaires de la BAP. Ce ne sont pas non plus des primaires du PS. Ce sont des « primaires citoyennes » ouvertes à toute la gauche et aux écologistes. « Toutes les idées de la gauche y seront représentées » n’a cessé de répéter JC Cambadélis.

Nous n’allions pas renoncer, dans ces conditions, à ce CN, à poursuivre la bataille vitale pour que les primaires soient les plus ouvertes possibles et pour qu’il n’y ait à l’arrivée qu’un seul ou une seule candidate de toute la gauche et des écologistes. Si nous ne l’avions pas fait nous aurions donné le signal de la défaite, et abandonné, en fait, tout combat ensuite, sortis des radars.

Et d’ici le 15 décembre bien des événements vont se produire.

Des millions d’électeurs de gauche sont en train progressivement de prendre conscience de ce qui se joue en ce moment : – soit c’est l’unité à gauche et l’espoir – soit c’est la division et le désastre. Ils vont dire vigoureusement, nous l’espérons, à tous les appareils, appareillons, candidates et candidats que rien ne doit être considéré comme « foutu » en 2017.

Rien n’est joué, donc ! En avant !

Imaginez que Hollande n’y aille pas ?  Et même si Valls y allait à sa place ?  Le simple fait que ces hypothèses soient de plus en plus incertaines, nourrit l’aspiration au changement, la maturation des idées dans le vaste champ majoritaire de la gauche qui a bataillé contre la loi El Khomri depuis neuf mois.  Il y aura secousse et ouverture d’un champ nouveau.  Il y a du suspens donc de l’intérêt.

Le premier sondage indiquerait que 1,7 million d’électeurs de gauche s’apprêtent à participer. C’est un chiffre  qui surprend Cambadélis  lui-même qui précise aussitôt que « cela doit être exagéré ». Mais ça indique que les électeurs  n’ont pas fait la distinction, ils avancent à leur rythme, ils sont prêts à utiliser tous les moyens de s’exprimer et même à transformer une ex « petite primaire » en une « grande primaire » (sans même avoir compris, la différence entre les deux).  Il y a toujours 86 % d’électeurs de gauche qui sont favorables à une primaire quelle qu’elle soit, sans davantage se préoccuper de savoir si elle est « petite » ou si elle est « grande ». Ce score risque d’augmenter au fur et à mesure que la droite va faire réellement parler de « sa » primaire et occuper les écrans.

Ca bouscule du coup dans les faits, le PCF et les Verts car leur base, et leurs sympathisants et bien au delà, leurs électeurs, risquent de venir voter, quoiqu’il arrive, et tenter d’écarter Hollande. Surtout si les sondages indiquent, comme c’est à nouveau le cas, que Hollande hésite car il peut y être battu. La manœuvre de Cambadélis pour empêcher ça peut donc échouer. Ce qui explique que dans l’Humanité, une tribune, ait remis à l’ordre du jour la question de  la primaire malgré leur vote de congrès. Si le dernier sondage donne 13 % à Filoche dans les « sympathisants de gauche » c’est bel et bien que les « sympathisants de gauche » répondent à la question et peuvent se déplacer.

Dans ce cas-là, cela accroit les chances que Hollande soit annoncé comme battu et hésite encore plus à y aller. C’est une spirale que nous pouvons encourager. Poussons donc en ce sens  tout en poussant, sur le fond politique, la candidature Filoche qui devrait être récompensée pour sa constance unitaire, pour son optimisme entêté à gagner, et pour le fond politique qu’elle défend à travers cela – en défense des petits salaires et des petits retraites, 1800, 60, 32… Répartition des richesses d’abord !

Ca balaye un argument : dans ce cas de figure, il n’y a pas « trop de candidats » à la primaire citoyenne. Il n’y en a que six, et un septième est envisagé. Moins que la droite, elle-même. Aucun « danger » en matière de répartition des voix, même s’il y a un candidat libéral, il y a deux tours, les 22 et 29 janvier. Débattons ! Allons sur le fond politique, sur le contenu ! Et si ça se décante, si on se rapproche, si on trouve un accord sur une plate-forme,  on le fera. Ca doit être possible, on est dans la même motion. Jusqu’au 15 décembre, il y a du temps pour ça.

Assez de temps pour qu’une dynamique prenne autour du candidat  de gauche le meilleur ou la meilleure, anti libéral. Imaginez encore qu’il gagne comme des sondages le prévoient,  la dynamique interrogera celles et ceux qui se seront tenus hors de la primaire citoyenne : car un candidat qui se maintiendrait apparaitrait vite moins légitime que celui désigné par 2 ou 3 millions d’électeurs. Il serait soumis à forte pression pour ne pas diviser les voix et pour ne pas provoquer le désastre le 23 avril.

Pour qu’une dynamique prenne, il faut aussi lever les obstacles : qu’aucun des candidats ne soit considéré comme illégitime ni au plan politique ni au plan organisationnel (critères). Il a été dit au sein de la motion B qu’ils étaient tous les quatre complémentaires dans leurs apports, on doit pouvoir rédiger une plateforme commune et faire tous les gestes nécessaires pour y parvenir.

J’avais proposé à La Rochelle que les 4 candidats participent ensemble à la manifestation syndicale unitaire du 15 septembre pour le retrait de la loi El Khomri. J’ai été ovationné à La Rochelle mais hélas pas suivi à la Bastille.

J’avais proposé à la DN de la motion B du lundi 19 septembre que nous publiions une lettre ouverte commune des 4 candidats JC Cambadélis pour lui demander de ne pas fermer la porte, lors du CN du 2 octobre, à la gauche et aux écologistes pour la primaire si elle se tenait les 22 et 29 janvier.  J’ai été approuvé en réunion,  j’ai envoyé trois fois un projet aux trois autres candidats avec une semaine d’avance, mais je n’ai eu aucune réponse. J’ai donc publié seul, à regret, le projet de lettre ouverte dans Huffington Post. C’eut été mieux en commun. D’autant que nous avons eu finalement gain de cause.

Pour rédiger une plateforme commune, j’ai  rappelé que nous avions cosigné, Marie-Noëlle Lienemann, Guillaume Balas, et moi, « L’appel des cent » le 1er mai dernier. L’idée était de chercher une plateforme commune de toute la gauche, ce qui est évidemment nécessaire pour travailler à construire une candidature commune de toute la gauche. Tant bien que mal, à force de ténacité, nous avons avance et publié « 50 mesures » issues de cet appel des cent. Ces 50 mesures sont « roses rouges et vertes », unitaires. C’est, me semble t il une bonne base de départ et j’ai proposé plusieurs fois, aux mêmes camarades,  de la motion B, et 3 autres candidats, en même temps qu’on rédige une plateforme entre nous, d’associer les « 50 mesures », et les « cent ». Ca ferait gagner beaucoup de temps et de dynamique en termes d’unité, et si c’est bien fait, cela pourrait s’avérer absolument décisif  pour l’emporter les 22 et 29 janvier. Les « candidats de la plateforme » commune, rose rouge verte, attireraient bien plus d’électeurs ainsi !

J’avais proposé aussi à la Rochelle un meeting commun de nos quatre candidats. J’avais en tête que « l’appel des cent » avait discuté la veille, à la fête de l’Humanité, de proposer une initiative unitaire de ce type – fixée, depuis, au 12 novembre à Paris. Chacun imagine que si les représentants de la diversité de la gauche dont les 4 candidats faisaient réunion commune le 12 novembre au cœur de toute la gauche, le symbole serait fort et entraînant. J’espère cette fois, être entendu.

Il me semblerait aussi que nous devrions saisir certaines occasions pour parler d’une seule voix sur des sujets d’actualité ce qui aboutirait sans doute à faciliter une candidature commune, et une dynamique unitaire si nécessaire et ça attirerait, et ça entrainerait, et garantirait aussi mobilisation et succès les 22 et 29 janvier.

Ce qui n’empêcherait pas chaque camarade de mobiliser ses sympathisants : pour ce qui est de la candidature de Gérard Filoche, nous aurons une grande réunion nationale de campagne à Paris le samedi 10 décembre, en soutien à sa candidature. D’ici là le candidat Filoche a prévu de participer des dizaines d’initiatives et de meetings, (dont certains unitaires de « l’appel des cent », comme à St-Etienne et à Lyon les 3 et 4 octobre, d’autres contre les effets de la loi El Khomri, d’autres sur des sujets d’actualité nationale et internationale liés à son programme mis au point en juin-juillet dernier : www.filoche2017.fr).